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Cour de cassation, chambre criminelle: Questions de costitutionnalite de l'art. 695 code procédure pénale

Attendu que la question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée :

« Les dispositions de l’article 696-15 du code de procédure pénale en ce qu’elles régissent l’audition de la personne objet d’une demande d’extradition devant la chambre de l’instruction sans prévoir la notification à celle-ci du droit de se taire portent-elles atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit et notamment :

- au droit au silence et au droit de la personne concernée de ne pas contribuer à sa propre incrimination, ainsi qu’aux droits de la défense garantis par les articles 9 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ;

- au principe d’égalité dans la mesure où ce droit est assuré à la personne qui comparait devant une juridiction de jugement (articles 328 et 406 du code de procédure pénale) et non à la personne qui comparait en personne devant la chambre de l’instruction qui doit statuer sur la demande d’un Etat étranger qui la réclame aux fins de jugement, alors que cette personne est dans la même situation procédurale, c’est-à-dire sous le coup d’un accusation au sens large, que la personne comparaissant devant la juridiction de jugement, et sans qu’aucune justification constitutionnellement recevable ne puisse être apportée à cette différence de traitement ?  » ;

Attendu que la disposition législative contestée est applicable à la procédure et n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Mais attendu que la question, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu que la question posée ne présente pas un caractère sérieux ; qu’en effet, la procédure d’extradition ne conduit pas les juridictions françaises compétentes à recueillir des éléments d’accusation à l’égard de la personne réclamée ; que l’audition, devant la chambre de l’instruction, de cette personne, assistée de son avocat, ne vise qu’à constater son identité, à recevoir ses observations sur la procédure dont elle fait l’objet, et à lui permettre de consentir ou non à sa remise, et non à la soumettre à un interrogatoire sur les faits objet de la demande d’extradition ; que l’avis que donne la chambre de l’instruction, qui a pour mission de vérifier la régularité formelle de la demande de remise, d’en contrôler les autres conditions de légalité et de s’assurer du respect des droits fondamentaux de la personne réclamée, ne la conduit pas à statuer sur le bien-fondé des poursuites pénales qui sont à l’origine de la demande, l’appréciation de l’accusation appartenant exclusivement à l’Etat requérant, lequel n’est pas partie à la procédure ; qu’ainsi, l’absence de notification du droit de se taire dans cette phase de la procédure n’est pas contraire aux droits de la défense, et notamment au droit de la personne de ne pas contribuer à sa propre incrimination ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;

Par ces motifs :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER

 au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;

Président : M. Guérin

Rapporteur : Mme Caron, conseiller

Avocat général : M. Cuny

Avocat(s) : SCP Waquet, Farge et Hazan 

   
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